Château Grenouilles, à Chablis, France

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Château Grenouilles, Grand Cru de Chablis

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Déguster un Château Grenouilles d'un "certain âge", c'est effleurer l’âme profonde des grands terroirs de Chablis. C'est vivre une "émotion minérale" unique. L’année qui suit la récolte, le "Grenouilles" est certainement le vin de nos caves qui a le plus d'expressivité. Au nez, la précision aromatique est déjà installée. La bouche, nette et profonde, présente une belle richesse du fait de la parfaite maturité des raisins. La minéralité est en filigrane. La finale est naissante, mais l’ouvrage est en cours… Deux à trois années après la récolte, le vin est au sommet de l’expression aromatique du fruit. Tout devient plus complexe et plus subtil, les fruits sont moins exotiques, les agrumes sont légèrement plus confits, la minéralité pointe son nez ! En bouche, la trame du vin se précise… Cinq années après la récolte, les fruits se retirent doucement, cédant la place à un bouquet complexe. La bouche, devenue charnue, présente un subtil paradoxe entre une belle présence et un potentiel d’évolution important. Huit, dix, quinze ans après la récolte, le nez est droit et pur, intense et complexe, avec un registre de fruits frais, de fleurs blanches, de douces notes épicées, de citronnelle, de verveine, de miel, de cire… la sensation est évidemment minérale et iodée. La bouche est très harmonieuse, très équilibrée, remarquable de pureté, de finesse et d'élégance, avec une finale minérale fabuleusement longue… La palette aromatique est extrêmement large et évolue au gré du temps et des saisons. Enfin, à l’épanouissement, longtemps après la récolte pour les très grands millésimes, c'est l’épure chablisienne, un équilibre parfait, une grande joie, un souvenir définitif…

Château Grenouilles à travers les âges…

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Château Grenouilles, vin mythique

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Situé en plein cœur des Grands crus, au pied du coteau de Grenouilles, le domaine de Château Grenouilles est un ensemble exceptionnel et unique à Chablis. Ce domaine de 7,20 ha d'un seul tenant, magnifiquement exposé au sud-ouest face au village, produit le plus rare des Chablis Grands Crus : le Grenouilles. Issus de deux petites parcelles de vieilles vignes, le Château Grenouilles allie précision au nez, pureté des arômes en bouche, harmonie entre puissance et finesse et grande longueur finale. Doté d'une grande capacité de garde, il est l'expression d'un grand vin de terroir chablisien. Le second vin du Château, "Le Fief de Grenouilles" illustre parfaitement le style du terroir des Grenouilles. Issu de parcelles âgées de plus de trente-cinq ans, il exprime parfaitement la générosité, l'harmonie entre le corps et l'élégance et l'expression minérale d'un Chablis Grand Cru.

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Les Grands Crus de Chablis

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Les Grands Crus de Chablis sont connus par les amateurs de vin du monde entier comme les rois de l'appellation. Situés uniquement sur la rive droite du Serein, à proximité du village de Chablis, ils forment un ensemble complet de 100 hectares délimités de coteaux, exposés majoritairement sud-ouest pour l'ensemble des terroirs. Les Chablis Grands Crus sont des vins complets à forte personnalité que le temps ne cesse de magnifier. Cinq à huit ans minimum leur sont nécessaires pour commencer à se révéler. Leur capacité de garde est remarquable. La Chablisienne récolte et vinifie les raisins de six des sept Grands Crus avec pour chacun un caractère différent :
• Bougros : vif et minéral,
• Les Preuses : long et racé,
• Vaudésir : charnu et puissant,
• Les Clos : sec et minéral
• Blanchot : souple et aromatique,
• Grenouilles : élégant et fruité.

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Les vins de Château Grenouilles

Le grand vin de Château Grenouilles

3a96a4f76b7997f6de7cc3ea32e0e3f9.jpgIl représente seulement 30% de la production totale du domaine. Les raisins proviennent de 2 parcelles de 50 ans d’âge moyen sur une surface de 2 hectares environ. Seule la partie des plus beaux jus constitue le cœur de Château Grenouilles, les vins de presse étant presque systématiquement "écartés".

Les vinifications et l’élevage sont réalisés au pied même du coteau des Chablis Grand Cru Grenouilles, dans l'enceinte de ce que l'on nomme "Le Château".

Les fûts de chêne et les petites cuves se complètent au cours d’un élevage lent sur lies fines, jusqu’à 16 mois après la récolte, pour exprimer le caractère du terroir de Grenouilles et la personnalité propre de Château Grenouilles.

Ce vin rare offre un nez intense et complexe,
avec des registres de fruits frais, de fleurs blanches
et des notes épicées. La bouche est remarquable de pureté,
de finesse et d'élégance, avec une finale minérale
extrêmement longue. Un mythe à découvrir,
en donnant du temps au temps.
 

5e0eacc814d038a1529c274a8308e0f6.jpgLe Fief de Grenouilles

Il illustre parfaitement le style du terroir des Chablis Grand Cru Grenouilles.

Il représente en effet à lui seul une très grande partie de ce climat avec des parcelles âgées de plus de 35 ans sur une surface de 5 hectares environ.

Le tri approprié des grappes, le pressurage fractionné des jus, une vinification et un élevage en fûts et en petites cuves sur lies fines pendant 16 mois font de ce second vin un grand cru parmi les grands crus de Chablis.

La carte du vignoble de Château Grenouilles

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Les grands millésimes récents de Château Grenouilles

1979 : Année du premier millésime de Château Grenouilles à La Chablisienne. Dégusté en 2008, présente beaucoup de fraîcheur, de finesse et d’élégance.

1981 : Récolte modeste en quantité, présente aujourd’hui tous les charmes d’un très beau vieillard.  

1982 : Millésime expressif à la récolte, présente aujourd’hui une remarquable classe et une grande distinction minérale.  

1983 : Très belle année à Chablis et à La Chablisienne, certainement le millésime qui a fait connaître Château Grenouilles à un très grand nombre d’amateurs pendant plus de 10 années. Vin dégusté en 2009, distingué et cristallin. 

1985 : Année très exceptionnelle pour La Chablisienne. Aujourd’hui, très grand vin, à maturité seulement, pur, profond, absolu et avec encore du potentiel !

1986 : Très beau millésime à Château Grenouilles, robe or éclatante, équilibre parfait très Chablis, avec un long prolongement.

1992 : Année charmeuse à Chablis, Château Grenouilles aujourd’hui de haute expression.

1995 : Beau millésime, encore un peu « jeune » pour Château Grenouilles !

Demain, Château Grenouilles

2005 : Un très grand millésime pour Château Grenouilles, révélation et présentation exceptionnelle, rendez vous en  2020 ?

2008 : Certainement, un beau potentiel pour demain et après-demain.

« Que sont mes amis devenus »

De nombreux amateurs, dégustent un Château Grenouilles souvent entre 2 et 5 ans après la récolte. Ils apprécient la densité des expressions et des sensations données par ce grand vin. Cependant, une agréable suggestion, pour décupler plus encore le plaisir offert par le vin, après la première dégustation découverte : mettre de coté quelques bouteilles et les oublier en cave pendant de nombreuses années. Alors, seulement après ces années de patience, Château Grenouilles offrira de pures émotions minérales…

Une suggestion

Pour accompagner Château Grenouilles tout au long de ses différentes vies, ne vous privez pas du beau geste du passage en carafe. 

Merci Marcel Thiry…

“Mais il est d’autres raffinements, d’autres degrés dans la gourmandise des hommes et des femmes. Le Temps retrouvé de Marcel Proust en est une illustration, un chapitre de Comme si de notre confrère Marcel Thiry en propose aussi quelques exemplaires hélas assez onéreux par les temps qui courent. Comme si, publié une première fois en 1959 (et réédité au Cri en 1993), raconte avec moult détails un déjeuner au Béfour de Paris. Il n’y a aucun doute sur la chose, Marcel Thiry doit avoir poussé un jour ou l’autre la porte du Grand Vefour, ce restaurant célèbre du Palais-Royal. Peut-être y a-t-il même croisé Raymond Oliver qui en deviendra le propriétaire en 1948. Un personnage étonnant nous dit l’Almanach historique de la gastronomie française, délicieux cabotin qui connut la gloire grâce à sa barbe méticuleusement entretenue et à une série impressionnante d’émissions culinaires à la télévision française. Nos Colette et Jean Cocteau, nous confie le même almanach, fréquentèrent assidûment l’établissement et Oliver dédiera à chacun d’eux, ainsi qu’à d’autres célébrités, quelques-unes de ses recettes personnelles.

Je ne pense pas qu’il en fut ainsi avec Marcel Thiry ; il n’y a pas, à ma connaissance, d’émincés ou de plats de poisson qui porte son nom, mais les pages qu’il consacre au repas du Béfour sont dignes d’une anthologie gourmande. En voici quelques extraits choisis et je n’oublie pas, à cet instant où il faut situer l’événement, que notre regretté Charles Bertin fut, pour ce texte, mon initiateur.  

Octave qui était arrivé le premier au rendez-vous, avait fait connaissance avec l’officier de bouche et « son gilet de piqué blanc qui parlait de tradition et marquait un étage au-dessus des modes culinaires aventurées ». Il avait aussi insisté pour s’installer à la table « près de laquelle une plaque était enchâssée dans le mur : M. Honoré de Balzac ». Il s’était donné le temps de « goûter le meilleur Amontillado », un sherry qui « lui parut amer, il en voulut un peu plus de cette amertume et il en redemanda ». Puis il prit la carte glissée près de sa serviette lorsque le maître d’hôtel parut. Voici cette page, ce dialogue, digne à mon sens des meilleures anthologies gourmandes.

– Je ne sais si du poisson vous plairait, Monsieur, mais en ce cas je vous ferais présenter tout de suite un beau bar. La marée n’est pas encore très régulière dans ses arrivages, n’est-ce pas, c’est encore un peu une rareté, c’est pourquoi je voulais vous signaler que j’ai cette belle pièce.
– Du bar ? J’avoue que je n’en ai jamais mangé. Et je ne savais pas que c’était un poisson de mer.
– D’estuaire, plus exactement, Monsieur. Faites voir le bar à monsieur.
Octave, favorablement impressionné par cette exactitude en science ichtyologique, ne le fut pas moins par la belle perche de mer ou d’estuaire qu’on lui apporta sur son lit de glace. Françoise aimait le poisson.
– On peut vous le faire grillé, monsieur, avec un beurre nantais très léger, ou bien flambé au fenouil.
Le bar fut retenu, destiné au beurre nantais ; on aviserait pour le reste : peut-être un pintadeau ? oui, peut-être ; Octave avait un faible pour ce volatile qui change de nom d’après un certain méridien français, pintadon en Savoie, pintadeau à Paris, et il rêvait de découvrir une différence gustative qui aurait pu correspondre à cette variation onomastique. Et pour débuter ? Fort peu de chose, vu la taille du bar.
– Certainement, Monsieur. Peut-être un petit rien, une sorte de hors-d’œuvre chaud : un fond d’artichaut Béatrice ; c’est tout léger, un paillis croquant de jambon lamellé, truffe et gruyère, à peine gratiné au porto… Mais Monsieur verra avec Madame.
Pour le vin, sans attendre sa convive, Octave dressa le programme avec le sommelier. Le Chablis Grenouilles pour accompagner le bar, sans hésitation. Avec le rôti, quel qu’il dût être, un bon bordeaux ; foin des bourgognes rouges à midi.
– Pour le pintadeau éventuel, j’ai un Mission Haut-Brion 34…
Octave s’absorbait dans l’analyse de la carte.
– Ma foi, pourquoi Mission ? Je vois un Haut-Brion tout court, et 1923… 

Qu’il vous suffise encore de savoir, chers amis, qu’Octave déjeunera désespérément seul, mais qu’il « commandera le tout, l’artichaut, le bar, le pintadeau en papillote ombré d’un rehaut de foie gras », qu’il goûta ainsi de tous les plats, « comme le roi d’Angleterre aux dîners de l’Élysée », qu’il suivit les bons conseils du sommelier qui osa cette suggestion : « Je vous dirais, Monsieur, de prendre un verre de votre vin rouge avec l’artichaut gratiné, et de n’en venir au chablis que pour le poisson. Vous prendrez ainsi [ajouta le sommelier] un premier contact — favorisé par la truffe et le gratin — avec votre grand bordeaux… puis vous vous préparerez pour une frasque au bourgogne blanc, et vous verrez quelles retrouvailles quand je vous ramènerai votre Haut-Brion avec le rôti. »


Référence bibliographique
Yves Namur, De la table à l’écrit, petit traité des gourmandises littéraires [en ligne], Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 2007.
Disponible sur :
http://www.arllfb.be/ebibliotheque/communications/namur12...